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Posté le Mardi 8 mai 2012

Vous avez envie de partager vos textes?

Qu’ils soient longs ou courts,

poétique ou en prose,

amateur ou confirmé,

Ils sont tous les bienvenus!

Sachez simplement que je m’autorise la non-diffusion d’un texte si je m’apperçois que celui-ci comporte des propos injurieux, racistes, discriminatoires.

Concrètement, je vous invite à m’envoyer un mail : roxannehof@hotmail.com

N’hésitez pas à m’envoyer un petit descriptif de la personne que vous êtes, il pourrait être intéressant de réaliser une page avec tous les auteurs.

 

writingbynight @ 18 h 25 min
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Mentions légales

Posté le Mardi 8 mai 2012

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Il est donc assez clair qu’en tant que propriétaire de ce blog, la publication de vos textes le sera à titre gracieux.

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writingbynight @ 18 h 24 min
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Petite présentation

Posté le Mardi 8 mai 2012

Bonjour à tous et à toutes!

J’ai décidé de créer un blog afin de pouvoir partager une de mes passions qui est l’écriture!

Par le biais de ce blog j’aimerais vous présenter mes écrits et recueillir vos impressions, vos critiques, vos encouragements, vos conseils afin de m’améliorer et de poursuivre mon épanouissement créatif.

J’aimerais aussi pouvoir héberger éventuellement les écrits d’autres passionnés amateurs ou confirmés et être un lieu de retrouvailles et de discussion pour tous les amoureux de la langue française dans tous ses états!

En ce qui concerne mes écrits je vous demanderai d’être indulgent, je suis amatrice, je n’ai pas une orthographe sans faille et voilà seulement que je me lance.

Donc soyez critique, constructif, respectueux mais pas vache ;)

En espérant vous lire bientôt,

Roxanne

writingbynight @ 18 h 22 min
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« Plug in Baby » by Roxanne

Posté le Dimanche 6 mai 2012

C’est comme une vague, comme la chaleur d’une chaufferette de salle de bain qui répand peu à peu sa chaleur. C’est une émotion qui démarre au fond du ventre, qui remonte jusque dans la gorge, qui se dissipe par mes larmes. Ce sont quelques notes sur un clavier. Des doigts qui bougent en rythme sur le manche de sa guitare. Et puis il y a la voix. Sa voix. Fragile et puissante à la fois. En générale elle est grave, elle prend son temps pour escalader les octaves. Mais se finit aigüe, et si juste.

Je n’entends plus la batterie, ni la basse. J’entends à peine sa guitare tellement la voix m’enivre.

Et pourtant, pourtant c’est un tout qui me transporte jusqu’au plus profond de moi-même.

Quand mon corps et mon cœur me laissent un peu de répit, j’ouvre les yeux et je le regarde. Et je plonge mes yeux dans les siens, et je plonge mon corps dans le sien. Je vibre avec lui, j’ai le sentiment de partager ses émotions, nos émotions.

3 min 35 et la vague se retire tout en me laissant le goût salin, l’odeur d’iode et l’évasion maritime. Mes larmes se tarissent, j’ai un peu froid. J’ai perdu la notion du temps.

J’ai l’impression d’avoir fait un long voyage. Je suis épuisée mais je veux repartir. Je veux le rejoindre à nouveau, je veux son intensité.

Je veux qu’il m’emmène avec lui, je veux embarquer à bord de son bateau et vivre ses tempêtes.

Je voudrais être sa « plug in baby ».

La musique s’est arrêtée, retour à la réalité.

 

writingbynight @ 16 h 01 min
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Assis sur un banc, j’ai fais un choix, by Roxanne

Posté le Dimanche 6 mai 2012

Je parcourais les rues froides de ma ville. Par un froid dimanche de décembre. Il ne neigeait pas, c’était déjà ça, parce que je déteste la neige.

Mais par contre il y avait des tonnes de lumière et de décorations de Noël.

Et je déteste Noël.

Je ne peux pas éviter la foule qui se presse, qui court après le temps, qui se hâte de remplir des sacs en papier de nourriture, de cadeaux.

Toute cette frénésie me donne envie de vomir.

Je continue mon chemin, à travers la ville. Je ne sais pas où je vais mais quelque chose me dit, que, comme d’habitude, je me retrouverai devant le n°47 de la rue Sauvenière.

Cette porte blanche avec sa couronne de houx.

Je sens la haine qui m’envahit. Je sais que je me fais du mal, que je n’en dormirai pas la nuit. J’aurai envie de tout casser, de hurler et de me fracasser la tête contre mes murs gris sale.

Chez moi, il n’y a pas de sapin, encore moins de cadeaux en dessous.

Mon frigo ne déborde pas de victuailles. Point de foie gras, de mousseux et de bûche de Noël.

Je n’allumerai pas la télé. Le spectacle de la maison située au n°47 m’aura bien suffit.

Depuis 8 ans, c’est le même cinéma. Je me plante là quelques heures, je les observe.

Savent-ils seulement à quel point je les hais ?!

8 ans déjà qu’ils m’ont pris ma Sarah.

Il neigeait ce  jour-là.  Sarah marchait derrière moi, essayant de mettre ses petits pieds dans mes empreintes de pas. Il commençait à faire noir et nous nous hâtions de rentrer à la maison.

Une banale histoire d’accident.

La voiture à dérapé, elle ne roulait pas vite pourtant. Mais elle a fini par faucher ma petite fille.

Ma vie s’est arrêtée en même temps que son cœur.

Le conducteur n’a pas fuit, il était très choqué.

Mais il a tué ma gamine. Je ne peux pas accepter ça.

Je déteste les voitures qui dérapent.

Lui, il habite toujours une belle maison avec une porte blanche et une couronne de houx.

Lui, il fête toujours Noël avec sa femme et ses deux enfants.

Une banale histoire d’accident. Une page dans le journal local.

Un non- lieu pour homicide involontaire. Une vie qui continue.

Cet enfoiré est venu me voir un an après, pour s’excuser. Mais je n’en veux pas de ses excuses. Je ne lui donnerai pas son absolution.

Crève connard. Crève comme j’en ai crevé de perdre Sarah.

Je ne suis pas un type bien. Je ne suis pas de ceux qui continuent leur vie avec le courage d’aller travailler comme avant.

Je ne suis pas de ceux qui vont créer une association pour qu’on sale davantage les routes lorsqu’il neige afin d’éviter de reproduire un drame si affreux.

Je ne suis pas de ceux qui vont écrire leur malheur sur un blog dédié au souvenir de leur petite fille.

Moi je suis de ceux qui laissent crever leur femme parce qu’ils ne remarquent pas que les boites d’anxiolytiques se vident encore plus vite que leur propres casiers de bières.

Moi je suis de ceux qui remballent les gens qui veulent soutenir l’homme qui à perdu sa fille et dont la femme s’est suicidée. Qu’ils aillent tous se faire foutre nom de dieu !

Moi je suis de ceux qui n’ont même pas le courage de se foutre en l’air.

Pourtant j’ai essayé, mais pas moyen d’appuyer sur la gâchette.

Parce que j’ai cette putain de flamme de vie, qui brûle malgré tout.

Cette flamme qui s’appelle la haine et qui ne laisse pas de répit tant qu’elle n’est pas assouvie.

Je ne peux pas partir sans me venger. Me venger de la vie. Me venger de « la faute à pas de chance »

Je marche toujours dans la rue, je m’éloigne de la ville. Je n’irai pas au n°47.

Pas cette année, je vais faire un carnage. Et la vengeance est un plat qui se mange froid.

Des putains d’excuses. Je ne sais même pas si j’aurai le cran de tous les tuer.

Des souvenirs me reviennent.

Vagues souvenirs de promenades le long de l’eau. J’ai la boule dans la gorge, le cœur au bord des yeux.

Je ne savais même pas que je pouvais encore pleurer.

J’ai mal au bide, ça me lance, ça me transperce. J’ai envie de hurler.

Est-ce que c’est ça crever de douleur ?

Il fait froid, mes mains sont gelées. Je me suis assis sur un banc et j’ai attendu.

Il s’est mit à neiger.

Serait-ce un signe ?

Je me suis levé, j’ai pris mon courage à deux mains.

Je suis rentré chez moi, j’ai bu une bière, puis deux. Après j’ai arrêté de compter.

Il faisait nuit noire quand je suis à nouveau sorti de chez moi, j’étais résolu.

Je me suis dirigé vers la rue Sauvenière. Les larmes coulaient sur mes joues, et c’était le brouillard dans ma tête.

Je suis arrivé devant la porte blanche et pour la première fois j’ai sonné.

Il était tard mais il y avait encore de la lumière.

J’étais déterminé, je voulais aller au bout des choses. Enfin réagir et mettre un point final à cette histoire.

Je l’ai vue elle ,à travers la fenêtre. Nathalie est enceinte. La boule est montée à ma gorge. J’ai cru que j’allais devenir fou. Ma douleur était insoutenable.

Il a ouvert la porte. J’ai vu dans son regard la peur, j’ai vu ses yeux aller vers le ventre de sa femme.

J’ai perçu sa souffrance à lui.

Ils étaient tous figés.  Et puis je suis entré.

8 ans après le décès de ma fille, je suis revenu à la vie.

On a tous beaucoup pleuré ce soir- là, le pardon était inespéré pour eux.

Assis sur ce banc, par ce froid dimanche, j’ai fais un choix. J’ai fais le choix de vivre.

J’ai fais le choix d’aimer.

Je ne suis pas un autre homme. Je n’ai pas fait d’association. Je n’ai pas fait de blog à la mémoire de Sarah. J’ai toujours mal à en crever.

Mais j’ai une autre raison de vivre.

Nathalie m’a demandé d’être le parrain de sa fille, qui allait bientôt naître.

Leur petite Sara est née en février, ma filleule est née.

Et ce jour là, il neigeait.

writingbynight @ 16 h 00 min
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4 lettres by Roxanne

Posté le Dimanche 6 mai 2012

Quatre lettres

 

 

Telle une symphonie qui s’envolerait dans un crescendo flamboyant, mon cœur suit le mouvement.

 Il suffit d’un regard, d’un sourire appuyé, d’une parole attentive pour que toute la musique de mon corps s’en trouve chamboulée

Au départ c’est un anonyme. Un masque  parmi tant d’autres. Ensuite c’est un parfum, un parfum qui ne s’oublie pas, un parfum qui fait frémir les narines. Le cœur bat rubato. Ensuite c’est une discussion, quelques mots banals échangés au bar. Et les hormones s’en vont espressivo.

Puis vient le rapprochement des corps et là c’est l’envolée l’envolée des sens.

Le désir monte, les bouches se frôlent. Timidement, d’une incertitude dont on connaît pourtant l’issue. On embrasse, on caresse, on se retient, on ne se retient plus. Le plus affranchi des deux prend sa main et l’attire dans une alcôve, on éteint la lumière. Il la rallume. On en baisse l’intensité tandis qu’il nous dévore des yeux. Sa bouche balaye son corps, ses mains descendent vers des contrées encore inconnues. On se cherche, on finit par se trouver et le temps n’a plus court. Si lent et si rapide le rythme s’intensifie, va-t-on parvenir à l’apogée ? Des moments de doute lorsque la protection s’en mêle. On ne sait pas trop comment. On est maladroit et l’on cherche la meilleure façon de poursuivre. Il avait tout prévu, trop prévu ? Non, c’est plus simple. Ses gestes deviennent sûrs tandis que  mes sensations les deviennent aussi. Trop passif ou pas assez on s’en fiche. On a bon, on a chaud, on transpire et la nuit déguise les mouvements les plus osés.

C’est la première fois que je ressens ça. La première fois qu’on me fait tout ça. J’ai un peu mal à certains moments, j’ai un peu peur aussi. C’est tellement différent.

Ca fait mal mais d’une douleur aux saveurs si douces, à cette certitude que le plaisir viendra ensuite. Voilà, ça y est c’est fini. Déjà ? Non, c’est à mon tour. A mon tour de goûter à cette volupté, à mon cœur qui bat crescendo, là en haut. Là en bas.

Je l’ai pris en bouche, j’ai aimé ça. Je l’ai touché comme  jamais je n’avais touché.

On a recommencé encore et encore puis le jour s’est levé.

J’ai pris mes vêtements, je les ai enfilés. Je l’ai regardé. Je ne l’ai pas trouvé très beau. Qu’importe. Le souvenir qu’il ancre au fond de moi reste la plus belle des choses que j’ai vécues.

Puis le regret, c’est un choc pour moi, moi qui croyais tant être comme les autres. Et en même tant une révélation tellement essentielle. J’ai fait l’amour avec un homme.

Je suis un homme.

Comment le vivre à présent ? Dois-je en parler, dois-je assumer ? Je ne sais pas, c’est un cruel dilemme.

Je ne suis plus sûr de rien. Si ça se trouve, je ne suis qu’un homme de plus dans son lit. Ne dit-on pas que les gays sont volages ?

Si, assurément. D’ailleurs c’est mieux ainsi. Si ça se trouve c’est juste un fantasme que j’ai réalisé. Oui sûrement. Ca fait tout de même 10 ans que je couche avec des femmes. Ou alors je suis bi. Mais pas Gay, non, ça non ! Et puis je veux des enfants moi !

C’est décidé, je ne suis pas Gay. Je vais partir discrètement, me laver. Surtout bien me laver, je me sens sale. J’ai son odeur sur moi. Son odeur…

Non ça suffit, on arrête les frais, on se calme, on se ressaisit.

Lentement, je ferme la porte derrière moi.

Il fait froid ce matin, j’aurais dû prendre une écharpe hier. Hier…

Je me décide à avaler un café. Je veux un endroit rempli de monde, rempli de gens normaux. Rempli de routine et de soucis quotidien. Je veux une serveuse aux gros seins que je pourrais mater en douce, ou pas.

J’ai pris un café, je n’ai pas vu la serveuse généreuse. De toute façon elle est vulgaire. C’est pour ça qu’elle ne me fait pas « rêver » tant que ça…

Je pense à Florence (Florian…) curieux ce rapprochement des noms. Florence, c’était bien avec elle. Elle était douce et gentille. Pourquoi ça n’a pas marché ? Et si je la recontactais ? Ah oui, c’est vrai elle était un peu nympho la nana, et moi, avec le boulot, la fatigue, une fois par semaine c’était suffisant ! Je pourrais faire un effort… faut voir si elle serait d’accord de remettre le couvert.

C’était quoi son numéro déjà ? Regarder dans mon agenda.

Tiens!  L’invitation à la soirée d’hier. Soirée déguisée, No Limit. Son petit masque de chat… Sa voix chaude.

Son odeur… Il me faut retrouver ce parfum !

Le bruit d’un plateau qu’on renverse me sort de mes rêveries. Je faisais quoi déjà ? Ah oui, Florence. Oh et puis non, de toute façon elle m’a sûrement déjà remplacé et puis,  et puis rien.

Mon téléphone portable vibre dans ma poche, machinalement je décroche, je ne regarde pas le numéro qui s’affiche.

-         Nicholas ?

-         Oui… Je défaille, la symphonie dans mon ventre s’envole. C’est lui !

Un silence. Un silence lourd de sens.

Je suis descendu chercher du café, lui dis-je (je suis lâche, je suis lâche…) J’arrive !

Pourquoi lui ai-je donné  mon numéro ?? L’alcool, oui c’est ça l’alcool !

Pourtant mon allure s’accélère. Le cœur bat la chamade. Et si, et si je n’étais pas juste de passage ?

Et si ce que je ressens dans mes tripes, il le ressent aussi ? Mon esprit s’envole, je pense à tout. Au Coming out, aux enfants, au mariage, à la déception de mes parents et aux railleries du boulot.

On est au 21ème siècle, paraît-il mais je suis convaincu de me lancer dans la gueule du loup (puisse- t-il avoir ses yeux !)

Je cours presque maintenant.

Merde, les cafés ! Je suis parti sans rien emporter ! Pas le temps de faire demi- tour, je cours pour devancer ma lâcheté, ma peur de reculer. Je sais que si je monte  ses escaliers, si j’entre dans son appartement, son alcôve si envoûtante, je ne pourrai plus faire marche arrière. Il faudra assumer. Mais tant pis, je vole.

Mon cœur poursuit l’envolée, pourvu que ce ne soit pas l’embardée.

Je monte les marches quatre à quatre et je sonne, je tambourine.

Je suis essoufflé. Florian m’ouvre nonchalamment la porte et me décroche un sourire quand il remarque mes mains vides de cafés.

-          C’était la première fois pour toi ?

-          Ca se voyait tant que ça ? Ma voix est un peu paniquée j’avoue.

-          Non, non je te rassure, c’était très bien. C’est le café.

-          Quoi le café ? Quel café ? Je ne comprends plus rien

      –  Eh bien, poursuit-il de sa voix douce et un peu traînante, tu n’as pas ramené de cafés ! Tu étais parti en réalité, c’est ça ?

      – Oui…

      – Rassure-toi, de toute façon, nous deux ça n’ira pas plus loin.

Sa phrase me transperce, c’est la chute vertigineuse dans mon ventre.

Je balbutie des mots incompréhensibles. Il me regarde, un peu dépité.

-          Ce n’est pas toi, c’est moi.

-          Mais bien sûr, lui hurlai-je, c’est la phrase la plus banale que j’ai jamais entendue ! Les larmes coulaient sur mes joues, il me regardait incrédule.

-          Mais enfin, pourquoi te mets-tu dans un état pareil ? On ne se connaît pas, on a pris du plaisir ensemble, d’accord mais de là à en faire toute une histoire…

-          Tu as raison, je ne te connais pas,  moi je ne me connaissais pas moi-même et tu viens de tout révéler alors tu vois en une nuit tu deviens la personne qui me connaît le mieux !

-          Oui, mais c’est pas ça… C’est autre chose.

Je devenais fou, je voulais qu’il mesure à quel point, en quelques heures, j’étais prêt à tout vivre, à tout subir pour lui.

Subir l’homophobie, subir les sacrifices que l’on fait lorsque l’on est gay.

Oui, maintenant, tandis qu’il était là devant moi, j’avais envie de crier à la face du monde mon homosexualité.

Je n’avais jamais aimé avant cette nuit. C’était une certitude.

-          Tu ne comprends pas, dit-il, que tout ce que tu ressens, je le ressens aussi.

-          Mais alors ? où est le problème ? je ne comprenais plus rien, il s’assumait comme homosexuel, j’en étais sûr, je le sentais.

-          Parle, implorai-je, je peux tout entendre !

-          Assieds-toi

-          Non !

Il s’est levé, la symphonie dans mon corps est repartie crescendo. Ce fut mieux. Ce fut bon. Je l’aimais, c’était ça l’amour.

Puis il s’est mis à pleurer. Comme un enfant, inconsolable.

Et moi je le serrais dans mes bras, je le suppliais de me parler.

Alors il a parlé.

Et je n’ai plus su quoi faire, quoi dire, quoi penser.

-          Je suis séropositif, et j’ai déclaré le SIDA, il me reste peu de temps tu sais.

Voilà, c’était tout.

4 lettres, 4 lettres effroyables, 4 lettres pour faire basculer une vie.

On s’était protégés bien sûr et je ne pensais même pas que je prenais un risque. C’était un homme intelligent.

Mais ma vie à basculé en 4 lettres. Parce qu’il allait mourir bientôt c’était sûr. Il n’y avait pas d’issue.

La musique ne s’est pas tue dans mon cœur.

La musique ne se taira jamais, parce que j’ai décidé de rester.

J’ai décidé de côtoyer la mort. De vivre à ses côtés.

Je n’ai jamais autant vécu que face à la mort, il m’a offert la renaissance. Je suis entré dans la vie à 26 ans.

Ce soir là, nous n’avons rien fait. Nous avons parlé, beaucoup, pleuré un peu. Nous nous sommes tenus la main.

Lorsque ses défenses étaient basses, il ne quittait pas l’appartement, il était trop faible. Qu’importe, l’extérieur m’était devenu hostile. Je ne voulais que lui, il me suffisait. Il m’arrivait de souhaiter ardemment aller jusqu’à partager sa maladie avec lui. Il me prenait pour un fou, c’était comme une injure à ce qu’il vivait. Je savais qu’il avait raison et pourtant, pourtant au fond de moi je voulais le suivre jusque là.

Moi je lui parlais de mon envie de mort pendant que lui me parlait de son désir de vivre !

J’ai été très égoïste, je ne pensais qu’à ma souffrance, ma souffrance d’avoir un jour à le perdre et lui était très patient. Il m’écoutait me lamenter, et il me réconfortait.

Il ne m’a jamais dit qu’il serait toujours dans mon cœur, qu’il me verrait de là haut et toutes ces autres banalités.

Lui il me faisait décrire le coucher de soleil. Il m’emmenait promener dans les bois afin de sentir l’odeur des sapins. Il nous commandait gastronomique afin de me faire connaître les saveurs. Il me faisait lire des livres écrits par des auteurs merveilleux.

On se couchait tous les deux sur la moquette et on écoutait les symphonies les plus monumentales. On se plongeait dans la musique, on la vivait.

Et puis, petit à petit, il n’a plus quitté le lit,  alors c’est moi qui ai continué à lui conter les plaisirs de la vie. A lui rappeler ses plus beaux souvenirs, nos plus beaux fous rires.

J’étais déconnecté de la réalité, je ne sortais plus. Je le regardais se dégrader.

Ce fut long et court à la fois. J’ai vu la vie s’échapper petit à petit et je me souviens l’entendre dire  prends-la, prends ma vie en toi et utilise- la pour être heureux.

Va, vis et deviens pour moi. Réalise tout ce que je n’ai pas pu réaliser. N’oublie jamais qui tu es, ce que tu veux et donne- toi les moyens d’y arriver. Souffre pour mieux savourer le bonheur. Prive- toi, afin de mieux savourer ce que tu possède.

Aime- toi, ouvre-toi au monde. Il n’est pas si cruel. Il y a des tonnes de gens à rencontrer. Des tonnes de gens à aimer.

Ne vis pas dans le passé, ne vis pas dans le futur. Vis le moment présent mais prépare- toi.

Prépare- toi à être heureux. La tristesse est ce qui s’apprivoise le plus facilement. La tristesse  nous semble familière, habituelle, nous qui sommes toujours en manque de tout.

Le bonheur ça s’apprend, ça se reconnaît, ça se savoure.

Notre amour, ce que l’on a vécu n’est qu’une partie de toi, ce qui te semble être la majeure partie et pourtant je suis convaincu que tu as des  tas d’envies, d’émotions qui ne demandent qu’à vivre. Qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Réalise-toi. Fais- le pour moi, si ça peut t’aider mais promets-moi de le faire aussi pour toi !

Comme à chaque fois, il m’a ému. Il a été au fond de mes entrailles. Il les a retournées.

La symphonie s’est réveillée.

Je n’ai jamais eu autant envie de vivre qu’au moment où ses paroles s’ancraient dans mon âme.

Je lui ai promis de vivre ma vie.

Nous avons fait l’amour la dernière fois le jour de son anniversaire. Il venait d’avoir 30 ans. Il était tellement beau. Je ne me lassais pas de l’embrasser, de le regarder, de le sentir.

One million, son parfum. Je le porte toujours. C’est tellement tout pour moi.

Quand il est mort, quelque chose en moi est mort. J’ai mis du temps à m’en remettre. Mais je lui ai rendu hommage et j’ai vécu.

J’aime à nouveau. Ce n’est plus l’envolée musicale mais une jolie ballade.

Lui et moi, on est parvenu à avoir un enfant. Grâce à Florence ! Cet enfant on l’a appelé Florine. Et la paternité fut encore une découverte monumentale pour moi.

La symphonie est revenue…

Que ce soit crescendo, allegro ou piano, la musique de ma vie continue son envolée.

 

 

 

 

 

 

writingbynight @ 15 h 58 min
Enregistré dans Non classé
Le Régulateur by Roxanne

Posté le Dimanche 6 mai 2012

J’avais 12 ans quand je suis mort. Quand la dernière lueur de vie s’est échappée de mes yeux. Quand la noirceur a envahi mon esprit.

Il est vrai que je n’ai pas compris tout de suite ce qu’il m’est arrivé. Mais c’est à ce moment-là que j’ai embrassé une nouvelle carrière.

Une carrière plutôt grandiose. Celle de réguler les âmes. Repérer les âmes défaillantes, celles qui ont cessé d’évoluer ou qui entravent le bon développement des autres. C’est un boulot de grande envergure et qui prend un temps fou. Il faut d’abord en connaître les principes de base. Quand dois-je décider d’interrompre le chemin d’une âme vers son but ultime ?

Et bien, en réalité c’est assez simple. Il suffit que cette âme ne respecte pas les Règles. L’humain dans toute sa méconnaissance les appelle « les 7 péchés capitaux ». Ils en ont même fait un film paraît-il. Mais je ne l’ai pas vu, j’étais déjà mort.

Il faut savoir qu’une âme, quand elle s’incarne, perd toute sa connaissance de l’Absolu. Elle en oublie toute la conscience de ses vies précédentes pour n’en garder qu’une expérience acquise qui sommeille profondément dans l’esprit du corps qui la transporte mais le guide très subtilement en vue d’une amélioration, d’une recherche de la perfection.

Une âme au départ est tout l’inverse d’une virginité, elle ne répond qu’à des pulsions. Son humble créateur, qui préfère garder l’anonymat, souhaitait tester un nouveau concept qu’il a appelé libre-arbitre. Notion assez connue. C’est d’ailleurs une expérience acquise qui remonte très facilement au conscient de l’âme réincarnée.

Il faut toutefois plusieurs vies, en général, afin de parvenir à contrôler toutes nos pulsions.

Ca se passe plutôt bien pour la plupart des âmes, elles apprennent à évoluer et le chemin semble assez bien tracé pour leur ascension vers l’Absolu, vers la rencontre avec le Créateur.

Et c’est là que moi j’interviens. Quand je perçois qu’une âme dévie tellement de son chemin qu’elle n’arrivera jamais à son but ultime, je vais la chercher. Je la supprime et puis je fais reset.

Mais attention ne pas confondre le mauvais chemin d’une âme avec le mauvais comportement d’une âme.

Si l’on prend l’exemple le plus frappant, il s’agit d’Hitler. Mon prédécesseur n’a pas arrêté son chemin de vie quand il a commencé son génocide. Simplement parce qu’il fallait que cette âme entame son processus en passant par l’assouvissement de ses pulsions. Hitler à juste assouvi ses pulsions en grand. Ne pas confondre non plus la Morale et la notions du Bien et du Mal avec la loi du Créateur. Il s’agit d’un parcours de vie très personnel. La seule bourde du Créateur fut de l’incarner dans un corps humain. D’habitude on incarne  une première fois dans le règne animal. Hitler aurait mieux gérer sa première incarnation en Menthe Religieuse.

Les êtres humains sont en général des âmes plus évoluées.

Le stade le plus élevé étant le règne végétal. Affranchissement de la douleur. Stade ultime avant l’Absolu.

Je me régale de traquer les âmes déviantes. Il s’agit d’un plaisir indéfinissable. Une forme de puissance.

Mon secteur est uniquement basé sur l’être humain. Les animaux se gèrent très bien depuis que j’y ai mis de l’ordre (il s’agissait de mon secteur de mes 12 ans à mes 21 ans post mortem). Le règne végétal ne requière pas de mes services.

Et l’être humain, dans toute son imperfection est un excellent client. Bien évidemment il faut que je m’assure que celui-ci prend un chemin de non-retour.

Pour se faire, il faut que je prenne forme humaine, que je m’intègre au sein de sa vie, de son système.

Je prends mon image la plus séduisante, et je le traque.

Une fois que j’ai déterminé les pulsions qui lui sont incontrôlables, j’imagine un scénario.

Prenons par exemple cet homme de 40 ans que je traque depuis quelques mois. Hétéro pur et dur, intolérant, macho à souhait, cédant sans complexe à ses pulsions et déviances sexuelles. Son âme régresse. Dans une vie précédente il avait appris le respect de son corps et de celui des autres et là, il fait tout l’inverse. JE ne peux pas le laisser continuer n’est-ce pas ?

Mais il ne sert à rien de lui prendre sa vie sans une bonne leçon, il faut que ce petit saligaud comprenne qu’il ne fait que des Putains de SALOPERIES n’est-ce pas ?

Alors cette fois-ci ma forme humaine sera féminine, du moins le croira–t’il. Là est toute la subtilité de mon action. Je m’engage à le séduire, il n’est pas un client très difficile. Je m’incarne en blonde pulpeuse, je lui fais croire que je le trouve sexy, qu’il m’impressionne et que je mouille ma petite culotte à chaque fois que je le vois. Et bingo ! Me voilà à l’hôtel avec lui ! Il ne s’emmerde même pas avec du champagne et des fraises. Il pense tellement avoir tout gagné ! Je lui fais le coup de la nana qui se révèle tout d’un coup être une Putain de dominatrice et prend les liens pour l’attacher à la chaise. Aucun intérêt que la leçon soit confortable.

Le piège se referme. Il ne comprend pas tout de suite. Son érection est toujours bien présente. Je me languis d’avance de voir sa bite se ramollir alors qu’il apercevra la mienne. Mais qu’elle humiliation pour un homme comme lui ! S’être fait avoir par un transsexuel. Qu’elle humiliation d’avoir bandé en la voyant, pardon en LE voyant se déshabiller.

Mais la suite me paraît encore plus drôle, encore plus excitante finalement.

 Parce que, OUI, mon boulot de traqueur d’âme en déroute m’excite terriblement.

Je vais lui donner la leçon ultime avant la mort, que je veux lente et douloureuse. Le temps qu’il faut pour en faire une expérience acquise.

Ma leçon ultime sera de le baiser jusqu’à ce qu’il en crève. Et tout en réalisant tout ce qu’il à fait subir à sa femme. Sauf qu’il sera de l’autre côté du fouet. Du côté soumis pour une fois. Je veux qu’il ait mal. Je veux qu’il se vide de son sang et je veux qu’il le boive comme il faisait boire les femmes pour leur soutirer ce dont il estimait avoir légitimement besoin.

Je suis resté 48 h avec lui avant que son corps ne se décompose. Je voulais être sûr qu’il ne réchappe à cette vie-ci. Paix à son âme. Je lui souhaite de revenir sous une forme de vie plus douce, histoire de récupérer un peu.

J’adore mon boulot. Mais je fais trop de zèle parait-il. Le créateur, anonyme mais dont je suppose fortement qu’elle soit une femme, s’inquiète un peu de la façon dont je régule le système. L’inconscient des âmes semble en alerte. Trop violentes mes reprises de vies.

Tant qu’Elle ne m’affecte (je dis Elle, parce que je suis à 99,9% sûr que le Créateur est une femme) pas au règne végétal, je suis content. Bon Il est vrai que j’avais un peu exagéré lorsque je m’occupais du règne animal. Dans un même secteur j’ai dû tuer 12 chats, 22 poissons, 127 poules, 3 vaches et 25 chiens (sans parler du nombre d’insecte) sur une période de 9 ans. C’est un peu beaucoup mais est-ce de ma faute s’il y a eu une si forte concentration d’âme perdues ?

Mais je ne regrette rien, l’être humain est bien plus amusant.

Elle m’a appelé aujourd’hui. Notre équilibre vacille parait-il.

La milice risque d’intervenir. Je déteste la milice. Je ne comprends pas pourquoi notre Créateur permette qu’un groupe d’âme contrariées d’avoir été éconduites trop brièvement  se démène à me poursuivre dans mes agissements légitimes. La police des polices me dit-Elle.

Elle, Créateur de génie, me laissera t’elle tomber ? C’est pourtant Elle qui m’a chargé de mission…

Et si notre Créateur n’était qu’une âme inachevée, ne faudrait-il pas que j’intervienne ?

Je n’ai pas eu le temps de répondre à cette question.

On est venu m’arrêter, une humiliation, MOI, être arrêté par un groupe d’âmes que je suis sensé réguler ! Un paradoxe !

Ces âmes ingénues m’ont demandé comment on en arrive là. Je leur ai dit que je ne savais pas. Que le Créateur, cette femme que j’aime tant, m’a choisi pour faire le sale boulot. Lorsque je suis mort à 12 ans.

Leurs regards interloqués n’ont pas compris, lorsque je leur ai dit que j’ai été mort. Ils m’ont demandé comment.

J’ai eu du mal à me souvenir. C’est si loin tout ça.

Je me souviens qu’il faisait froid dans le placard ou Maman m’avait enfermé. Elle n’en pouvait plus de m’avoir dans les jambes moi et mon père ivre du matin au soir.

Et je pleurais, je pleurais tellement que j’en ai vomi. Elle ne l’a pas supporté et comme à son habitude à mit ses mains autour de mon cou et à serré très fort. Je me suis évanoui. Je me suis réveillé à l’hôpital. Des gens sont venus pour me poser un tas de questions sur Elle.

Mais j’ai nié. Ma maman ne pouvait pas m’avoir fait ça, n’est-ce pas ? Une maman ne tente pas de tuer son enfant.

Alors c’est là que je suis revenu à la vie. Le petit garçon suivant un chemin de traverse est mort. Et j’ai décidé de poursuivre ma carrière et de réguler toute la noirceur de ce monde…

Ils m’ont dit que j’étais schizophrène. Ils n’ont rien compris.

Ils m’ont dit que ce n’était pas ma faute, mais celle de ma mère.

Je ne suis pas d’accord, c’est de sa faute à Elle, mais pas celle de ma Maman.

Ils ne comprennent pas, mais un jour je sortirai de ma cage et poursuivrai mon but, toutes les âmes égarées je les supprimerai et puis enfin quand viendra Son tour, je pourrai partir en paix.

 

writingbynight @ 15 h 55 min
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